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Les couilles sur la table

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Le premier podcast sur les masculinités. Un jeudi sur deux, Victoire Tuaillon parle en profondeur d’un aspect des masculinités contemporaines avec un·e invité·e. Parce qu’on ne naît pas homme, on le devient.

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Saison 1

1. Il n'y a pas de crise de la masculinité

Pour son premier épisode, Victoire Tuaillon reçoit Mélanie Gourarier, chercheuse au CNRS, anthropologue, autrice de "Alpha mâle, séduire les femmes pour s'apprécier entre hommes". Elles parlent de son travail, de l'étude d'un petit groupe de séducteurs qui permet de comprendre plus largement la manière dont les hommes occupent le pouvoir dans notre société, des études de masculinités, de l'homo-sociabilité (les hommes entre eux), de l'amitié virile et de l'apprentissage du contrôle de soi.

2. L'amour c'est pas pour les garçons

Plongée dans le monde impitoyable des cours de récré. Comment les petits garçons apprennent-ils ce qui est (ou non) de bon goût en matière d’amour ? Pourquoi disent-ils tous, systématiquement, que “l’amour c’est nul” ou encore que “l’amour c’est pour les filles” ? Pour son deuxième épisode, Victoire Tuaillon reçoit Kevin Diter, qui rédige une thèse sur “L’enfance des sentiments : la construction et l’intériorisation des normes et représentations genrées et androcentrées de l'amour chez les enfants de 6 à 12 ans.” Kevin Diter est doctorant en sociologie au Cesp-Inserm (U1018, équipe "Genre, Santé et Sexualité).

3. Des chaussettes et des hommes

Comment les hommes vivent-ils chez eux ? Comment investissent-ils leur espace domestique ? Quel est donc ce “sol de verre” qui semble les empêcher de ramasser leurs chaussettes ? En l’état actuel des choses, les hommes vivent chez les femmes (et les femmes travaillent chez les hommes). Pourquoi ? Pour ce troisième épisode, Victoire Tuaillon reçoit Titiou Lecoq, journaliste et écrivaine, pour parler des hommes et du travail domestique. Durant deux ans, elle a enquêté sur un sujet injustement méprisé -- le travail domestique, les tâches ménagères- et elle parvient à le rendre passionnant. Elle signe “Libérées ! Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale” (Fayard).

4. Masculinités noires

Que veut dire être un homme noir en France aujourd’hui ? Dans ce 4e épisode, il est question (entre autres) de la façon dont le corps noir est instrumentalisé, des impacts des stéréotypes sur la vie intime, et de la peur -- celle qu’on inspire et celle qu’on éprouve. Pour en discuter, Victoire Tuaillon reçoit Insa Sané et D de Kabal, qui ont tous deux contribué à l’ouvrage collectif Marianne et le garçon noir, dirigé par la romancière Leonora Miano. Insa Sané est comédien, slameur et écrivain : il vient de publier le cinquième tome de sa saga Comédie Urbaine. D, ou D de Kabal, est musicien et homme de théâtre. Il joue au printemps 2018 la pièce Orestie, qu’il a écrite et mise en scène.

5. Quand la grossesse n’est pas prévue

Quand une femme tombe enceinte de façon inattendue, dans une relation hétérosexuelle, quelle est la place de l’homme ? Dans ce 5e épisode, il est question de contraception, donc de responsabilité et de conscience. Victoire Tuaillon reçoit Coline Grando, réalisatrice du documentaire "La Place de l’Homme". Dans ce film d’une heure, cinq hommes de 20 à 40 ans, confrontés à une grossesse non prévue et le plus souvent interrompue, dévoilent leurs ressentis et réflexions sur cet événement. Que révèlent leurs histoires des relations hommes-femmes, et de la manière dont les hommes sont sensibilisés à ces questions ?

6. Cédric - Portrait d'un masculin singulier

Rencontre avec Cédric, un homme hétérosexuel, marié et père d’un enfant. Très influencé par les travaux féministes, il réfléchit depuis des années au mythe viril, et à ses conséquences concrètes dans sa vie personnelle. Il tient un super blog de bande dessinée - le Mecxpliqueur - qui explique des trucs de mecs aux mecs. Comment et pourquoi peut-on refuser la virilité ? Comment cette réflexion change-t-elle la manière dont il élève son fils ? Sa vie de couple ? Sa sexualité ? “On peut être un homme hétérosexuel et avoir une masculinité qui ne correspond pas au mythe viril unique, être très à l’aise, heureux dans sa vie. Être émotionnellement satisfait de pouvoir exprimer toute une palette d’émotion qui va au delà de la frustration et de la colère. Je suis heureux de pouvoir être ami avec des femmes sans en attendre toujours des faveurs sexuelles. Je suis heureux de pouvoir être ami avec des hommes et leur parler de tout, y compris de sujets très engageants personnellement. Je ne suis pas dans une recherche de la séduction permanente avec les femmes, ni dans la recherche de prouver ma virilité de façon avec les autres hommes.”

7. Qui sont les harceleurs au travail ?

Au cours de sa carrière, une femme sur cinq est confrontée au harcèlement sexuel au travail. Qui sont les auteurs de ces violences sexuelles au travail ? Presque toujours des hommes. Qu’est-ce qui les motive ? Marilyn Baldeck milite depuis quinze ans à l’AVFT, l’Association contre les Violences faites aux Femmes au Travail. Elle a personnellement assisté à des dizaines de procès ; elle a donc entendu et écouté des centaines d’individus coupables de ces violences.

8. Les preuves de la virilité

Dans ce 8e épisode, il est question de pénis, phallus et de testicules. Trop gros, trop petits, vigoureux ou mous : pourquoi les organes génitaux masculins (et leurs fonctions) font-ils l’objet d’une telle obsession ? Les Romains étaient obsédés par leurs sexes et ne cessaient de se traiter d’impuissants ; en France, il a existé pendant plusieurs siècles un Tribunal de l’Impuissance ; et aujourd’hui encore, il est souvent question de couilles dans la vie politique… Réponses et histoires fascinantes avec Olivia Gazalé, philosophe et auteure du Mythe de la Virilité, publié aux éditions Robert Laffont.

9. Educations viriles

Coups, rites initiatiques douloureux, humiliations : pourquoi tant de violence dans l’éducation des garçons ? Dans cet épisode, il est question de ce que les hommes font aux autres hommes. On y parle de la pédérastie dans la Grèce antique, du service militaire, des châtiments de l’école républicaine, de l’obéissance fasciste… avec Olivia Gazalé, l’auteure de l’essai Le Mythe de la Virilité, publié en octobre 2017 aux éditions Robert Laffont.

10. Qui sont les conjoints violents ?

Si 225 000 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année, c’est qu’il existe des centaines de milliers d’hommes violents. Comment expliquer les comportements de ces hommes? Pourquoi sont-ils souvent dans le déni ? Peuvent-ils changer? Réponses inattendues avec maître Isabelle Steyer, avocate de victimes, mais aussi intervenante dans les groupes d’hommes condamnés pour violences conjugales.

11. Laurent Sciamma - La mort de l'humour sexiste

Peut-on être drôle sans être offensant ? Est-ce que, vraiment, “on ne peut plus rien dire”? Conversation avec l’humoriste Laurent Sciamma, qui dans son spectacle 1h debout, avec beaucoup d’autodérision, se moque du sexisme, des injonctions viriles et des idéaux masculins. Dans ce 11ème épisode, il est aussi question de la “friendzone”, des figures-repoussoir de la femme forte ou du garçon “trop gentil”... et de la chance de grandir avec des soeurs. C’est aussi le portrait d’un artiste trentenaire féministe, qui se pose des questions sur les autres, l’amour, le sexe et lui-même.

12. Vikken - Portrait d'un homme trans

Vikken est un homme, assigné femme à la naissance, aujourd’hui perçu comme homme par la société. Sur le chemin de cette transition, il nous raconte ce qu’il a appris des normes viriles, des autres hommes, et de lui-même. Qu’est-ce que le biologique a finalement à voir avec la masculinité ? Qu’est-ce que son expérience nous raconte des masculinités cisgenre ?

13. Sexe sans consentement : le rôle des hommes

Elles ont cédé, ou capitulé. Ce rapport sexuel, elles n’en voulaient pas. Le garçon avec qui elles étaient n’a pas compris - ou pas voulu comprendre - leur “non”. La journaliste et réalisatrice Delphine Dhilly a rencontré des femmes qui ont eu des rapports sexuels non désirés au début de leur vie sexuelle : une expérience très répandue et souvent traumatisante. Six d’entre elles témoignent face caméra dans son documentaire "Sexe Sans Consentement", diffusé sur France 2 le 6 mars 2018 à 22h55. Delphine Dhilly a aussi pris le parti d’interroger une cinquantaine de garçons sur la séduction et le consentement. C’est à eux, à ce qu’ils disent, et à ce qu’ils racontent de notre culture sexuelle, que l’on va s’intéresser dans cet épisode. Pourquoi ces garçons ne comprennent-ils pas, ou refusent-ils d’entendre, le non d’une fille à une relation sexuelle? Comment leur est (ou non) transmise cette notion de consentement ? Dans quelle mesure ces violences peuvent s’expliquer par des injonctions viriles conquérantes, le poids de l’éducation ? Et si toute notre culture nous montrait que le non-consentement d’une femme est plus excitant que son désir ?

14. Après #MeToo : une autocritique du mâle

Depuis l’affaire Weinstein, des millions de femmes ont témoigné, partout dans le monde, dans tous les milieux, de la banalité des violences sexuelles, du harcèlement, de la misogynie dont elles sont victimes. Qu’est-ce que ces récits et ce grand mouvement nous disent de la masculinité ? Et maintenant que plus personne ne peut faire semblant d’ignorer l’ampleur des violences sexuelles infligées aux femmes, que peuvent faire les hommes ? Quelles seraient les justes attitudes à adopter ? Le sociologue et philosophe Raphaël Liogier tente une réponse introspective dans son essai "Descente au coeur du mâle" (Les Liens Qui Libèrent). Dans cet épisode, il est question de capitalisme sexuel, de désir, d’excision symbolique, de complexe de castration et de l'impuissance de la virilité.

15. Après #MeToo : ce que peuvent faire les hommes

Sans la participation des hommes, l’égalité réelle est impossible. Le journaliste et activiste Jérémy Patinier vient donc de rédiger à leur attention un petit guide du féminisme extrêmement bien fait. Quizz, chiffres, glossaires, recommandations, et même des exercices féministes : dans cet épisode comme dans le guide, voici des conseils très concrets pour tous ceux qui veulent appliquer leurs convictions à leur vie personnelle. Jérémy Patinier nous raconte aussi comment il est devenu féministe. Pourquoi et comment peut-on se rééduquer ? Qu’est-ce que les hommes peuvent espérer retirer de cet engagement ?

16. En regardant du porno

On apprend tant de choses en regardant du porno. La manière dont il est pensé, tourné, consommé, les scénarios fréquemment utilisés ou encore les chorégraphies des acteurs nous renseignent sur les normes des masculinités hétérosexuelles et homosexuelles. Dans cet épisode, il est question du fantasme de “masculinité brute”, du rôle que joue le porno dans les sociabilités gays, mais aussi du passé colonial français, à travers les stéréotypes raciaux fréquents. Car nos fantasmes sont à la fois intimes… et politiques. Florian Vörös est enseignant-chercheur en études culturelles, il a soutenu en 2015 sa thèse sur les usages sociaux de la pornographie en ligne et les constructions de la masculinité.

17. Prostitution : ceux qui disent oui, ceux qui disent non

Être un homme, c'est savoir depuis l’enfance qu’il est possible de payer une femme pour avoir un rapport sexuel. Cela veut aussi dire avoir été racolé au moins une fois dans sa vie. D'ailleurs, la prostitution est partout autour de nous, jusque dans notre langage. “Putain”, “bordel” et “pute” sont des mots que nous prononçons sans y penser parfois plusieurs dizaines de fois par jour… Quel rôle joue la prostitution dans la construction de la virilité ? Pourquoi certains hommes deviennent-ils des “prostitueurs” réguliers, c'est à dire des hommes qui paient des prostituées ? Au contraire, qu’est-ce qui pousse un homme à refuser la prostitution ? Écrivaine et militante féministe depuis 1971, Florence Montreynaud s’est engagée au MLF et au Planning Familial dès les années 70 et a fondé le mouvement Les Chiennes de Garde. Elle a longuement étudié les hommes qui paient des prostitués - les “prostitueurs" - avant de fonder et de fédérer Zéromacho, un réseau international d’hommes engagés contre la prostitution.

18. Qui sont les violeurs ?

Selon la dernière enquête Ipsos parue en février 2018, 12% des femmes en France ont été violées. Or on sait que 94% des auteurs d’agressions sexuelles sur des femmes sont des hommes. Et comme le dit Virginie Despentes, "Si je suis entourée d’amies qui ont été violées, logiquement je suis entourée d’amis qui ont violé." Dans cet épisode, on réfléchit à ce qu’est le viol. Quelles images a-t-on généralement d’un viol et d’un violeur ? Correspondent-elles à la réalité ? Le viol, est-ce que ça relève du pouvoir ou de la sexualité ? Réponses avec avec Noémie Renard, ingénieure en biologie, essayiste féministe créatrice du site antisexisme.net et autrice de "En finir avec la culture du viol"(Les Petits Matins).

19. Pourquoi le sport reste encore un truc de mecs

Pourquoi le sport reste-il encore aujourd’hui largement une affaire de mecs ? En quoi la culture sportive dominante est-elle une culture viriliste ? Pourquoi ceux qui le pratiquent, ceux qui le regardent, ceux qui gagnent de l’argent avec, ceux qui le dirigent et ceux qui l’enseignent sont-ils encore si souvent des hommes ? Et quel rôle joue le sport dans la construction des masculinités contemporaines ? Réponses avec Thierry Terret, professeur des universités, historien du sport, auteur de "Sport, genre et vulnérabilité au XXème siècle." Un épisode spécial, rencontre des podcasts "Les Couilles sur la Table" et "Du Sport", présenté par Victoire Tuaillon et produit par Binge Audio.

20. Contraception masculine : au tour des hommes

Éviter une grossesse non souhaitée devrait à priori concerner tout autant les hommes que les femmes engagés dans un rapport hétérosexuel… Pourtant, la responsabilité contraceptive est aujourd’hui principalement prise en charge par des femmes. Où en est l’offre de contraception masculine ? La pilule pour homme, c’est pour bientôt ? Pourquoi la vasectomie (stérilisation masculine) est-elle cinquante fois plus utilisée au Royaume-Uni qu’en France ? Quels tabous culturels pèsent sur les liens faits entre fertilité et virilité ? Réponses avec Cécile Ventola, autrice d’une thèse qui compare la contraception masculine dans les systèmes de santé en France et en Angleterre.

21. Cours particulier avec Eric Fassin (1/2)

Pour terminer cette première saison, on vous propose ce grand entretien avec Eric Fassin. Professeur de sociologie à l’Université Paris-8 Vincennes-Saint Denis dans le département de Science Politique et celui des Études de genre, chercheur au Laboratoire d'études de genre et de sexualité du CNRS, Eric Fassin est incontournable pour qui s’intéresse au genre. Et en plus, il s’exprime clairement sur ces sujets parfois difficiles à appréhender. On lui a donc demandé un cours particulier. Dans la première partie de cette conversation, on prend le temps de revenir sur les concepts dont il a été beaucoup question dans le podcast cette année. Que faire de l’expression “masculinité toxique” et “masculinité positive” ? Est-ce qu’on peut changer son désir ? Comment sont nées les études de masculinités ? Pourquoi on parle de masculinités au pluriel ? Pourquoi la chercheuse Raewyn Connell est tellement importante quand on veut étudier ces sujets ? Qu'est-ce que c'est la masculinité hégémonique exactement ? Pourquoi le masculinisme, c'est pas l'équivalent du féminisme ?

22. Cours particulier avec Eric Fassin (2/2)

Dans la seconde partie de cet entretien avec le sociologue Eric Fassin, spécialiste incontournable des questions de genre, il est question de quatre événements vus au prisme des masculinités. L’attentat masculiniste de Toronto, l’exercice du pouvoir d’Emmanuel Macron et de Donald Trump, et le formidable mouvement de libération et d’écoute de la parole des femmes sur les violences sexuelles, c’est à dire les mouvements #balancetonporc et #metoo. Pourquoi souligne-t-on rarement le genre des auteurs de tuerie de masse aux Etats-Unis, alors que 98% d’entre-eux sont des hommes ? La masculinité d’Emmanuel Macron est-elle le nouveau visage de la masculinité hégémonique ? Quels liens entre masculinité et pouvoir ? Comment les mouvements #metoo a fait bouger (ou non) les rapports femmes-hommes ? Enfin, Eric Fassin raconte comment il a commencé à s’intéresser aux études de genre, et dévoile le sujet de d'article qu’il projette d’écrire (spoiler : ça à voir avec une barbe).

23. Victoire répond à vos questions

Pour terminer cette première saison des Couilles sur la table, les auditrices et auditeurs ont la parole. On écoute et on tente de répondre aux questions et aux doutes sur la virilité, les masculinités, le féminisme, la biologie, la place des hommes dans la société. Merci à Pauline, Sarah, Thibaud, Nina, Christophe, Marie, François-Xavier, Coralie, Lucas, Oscurio, Théo, Laura, Mélissa, Sofien pour leurs lettres, messages, questions, et à tous les auditrices et auditeurs qui écoutent, partagent, écrivent ! Cet épisode a été enregistré en public au Binge Audio Summer Festival.

Saison 2

24. Les orgasmes masculins

Dans cet épisode, on va faire un peu de culture sexuelle en s’intéressant aux orgasmes masculins : l’orgasme éjaculatoire et l’orgasme prostatique. Pour en parler : Adam, qui se définit comme un “explorateur sexuel”. Il s’intéresse depuis longtemps aux possibilités de plaisirs sexuels que nous offrent nos corps. Il a d’ailleurs fondé il y a dix ans le site nouveauxplaisirs.fr, et écrit le “Traité de l’Aneros” pour découvrir le plaisir prostatique. Avec lui, on parle du grand tabou de la sexualité virile (être pénétré) car en désignant certaines pratiques comme acceptables et d’autres comme répugnantes, les normes viriles limitent et appauvrissent nos vies sexuelles. “Qu’est ce que ça exige, au juste, être un homme, un vrai ? (...) Etre angoissé par la taille de sa bite. (...) Museler sa sensualité. Craindre son homosexualité car un homme, un vrai, ne doit pas être pénétré. (...) N’avoir aucune culture sexuelle pour améliorer son orgasme” Virginie Despentes, King Kong Théorie, 2006

25. Des villes viriles

La façon dont nous investissons la rue, les bars ou les transports dépend beaucoup de notre genre. Qu’est-ce que ça veut dire, de grandir et de vivre comme un homme en ville ? Comment les choix d’urbanisme et d’architecture façonnent-ils les masculinités contemporaines ? Pourquoi les hommes se sentent autorisés à stationner dans l’espace urbain, et les femmes à seulement le traverser ? On discute du nom des rues, des skateparks, des statues avec le géographe Yves Raibaud, auteur de “La ville faite par et pour les hommes” (éditions Belin).

26. Clergé catholique : le bien et le mâle

Qu’est-ce que la masculinité acceptable selon l’Eglise ? Comment les prêtres, évêques et moines sont-ils censés l’incarner ? Pourquoi cette crispation contre la “théorie-du-genre” ? Alors que deux tiers des Français·es se déclarent encore catholiques, la croyance et la pratique déclinent de façon continue depuis les années 70. Seuls 4,5% des Français·es vont encore à la messe le dimanche, et il ne reste plus que 12 000 prêtres. Pourtant, le catholicisme pèse et influence profondément sur la culture, la mentalité, les valeurs de la société française. “La masculinité des prêtres peut paraître anecdotique, mais [...] elle raconte plein de choses sur comment est construit le système de genre” rappelle Josselin Tricou, invité de cet épisode, et doctorant membre du laboratoire LEGS (Laboratoire d'Études de Genre et de Sexualité) de l’Université Paris 8. Il s’apprête à soutenir sa thèse sur les masculinités sacerdotales dans l’Eglise Catholique.

26. Eux - Les boylesques

Thomas, Fred, Aurel et Adrien montent sur scène pour faire du boylesque, de la danse burlesque pour les hommes. Ils vous racontent comment ils ont souffert des stéréotypes de genre masculins, comment ils les questionnent, et ce que le boylesque a changé dans leur vie d’homme. C’est le premier épisode de “Eux”, le hors-série des Couilles sur la table, dans lequel vous entendrez des hommes témoigner.

27. Des hommes et des bagnoles

En avoir une grosse, de marque, qui fait du bruit… comment la voiture, la bagnole, l’automobile, sert-elle à se placer sur le grand échiquier des masculinités ? Pourquoi la voiture est-elle un symbole viril ? En quoi les trajets des hommes sont-ils différents de ceux des femmes ? Et pourquoi devrait-on dire “homme au volant, danger au tournant” ? Réponses avec Yoann Demoli, sociologue de l’automobile.

28. Les gars du coin

Direction le grand Est, dans des villages à la campagne. Le sociologue Benoît Coquard y a passé trois années à fréquenter un groupe d’une vingtaine de personnes, pour la plupart des hommes, entre 18 et 40 ans, surnommés “la bande à Boris”. Il a partagé leurs “apéros entre potes”, s’est entraîné avec eux au club de foot, a écouté et observé ces hommes ouvriers, employés, artisans, peu représentés dans les médias ou les oeuvres culturelles. Comment se structure la masculinité dans un milieu populaire et rural ? Qu’est-ce qui sépare le “bon gars”, “le vrai pote sur qui on peut compter” de la figure méprisée du “cassos” ou du “schlag” ? Une réflexion fascinante sur la classe et le genre.

29. L'entreprise, ce monde d'hommes

De quelle manière les entreprises contribuent-elles à la fabrique des masculinités ? Comment l’organisation, le mode de management, les critères d’évaluation favorisent le maintien de la domination masculine ? Qu’est-ce qui distingue vraiment les métiers dits féminins des métiers dits masculins ? En quoi la masculinité des cadres se différencie-t-elle de la masculinité des ouvriers ? Pour son enquête sociologique, Haude Rivoal a été pendant trois ans l’une des 15 000 salariés d’une très grande entreprise française de logistique-distribution en tant que chargée de mission pour l’égalité hommes-femmes. Sa thèse montre, entre autres, comment les injonctions viriles s’accordent très bien avec les intérêts des entreprises et comment en se présentant en apparence comme plus ouverte à l'égalité, la domination masculine finalement s'y perpétue. Haude Rivoal est docteure en sociologie de l’Université Paris 8, rattachée au Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris (CRESPPA)

30. Ce que la soumission féminine fait aux hommes

Comment être un homme libre dans un monde où les femmes sont soumises ? Pourquoi dit-on que les femmes préfèrent les bad boys ? Dans quelle mesure peut-on choisir d’être, ou non, un homme dominant ? Dans les relations amoureuses et sexuelles, comment la socialisation des femmes à être soumises influe-t-elle sur le comportement, les conceptions, et les possibilités des hommes ? Réponses avec la philosophe Manon Garcia, agrégée de philosophie, diplômée de Sciences Po Paris, de Polytechnique et de l’Ecole Normale Supérieure. Elle vient de publier « On ne naît pas soumise, on le devient » aux éditions Climat, qui est extrait de la thèse qu’elle vient de soutenir : « Consentir à la soumission : un problème philosophique. »

30. Où sont les casseuses ?

Avec l’équipe de Programme B, l’émission d’actualité quotidienne de Binge Audio, nous voulons comprendre pourquoi, dans les mouvements sociaux, les destructions matérielles sont en grande majorité du fait des hommes. Comment expliquer qu’il y ait beaucoup plus de casseurs que de casseuses ? Comment analyser la violence gouvernementale par le prisme de la masculinité ? Pourquoi une femme qui fait usage de la violence elle-t-elle considérée comme folle ou hystérique ? Victoire Tuaillon et Thomas Rozec interrogent Elsa Dorlin, professeure de philosophie à Paris VIII, autrice de de « Se défendre, une philosophie de la violence » (éd. La Découverte, 2017)”

31. La vraie « nature » du mâle

Petite leçon de biologie, pour faire le point sur plusieurs notions couramment utilisées dans les débats et les discussions sur la virilité : le sexe, l’instinct, les hormones, le corps. Qu’est-ce qu’un homme, d’un point de vue biologique ? Les hommes sont-ils les mâles de l’espèce humaine ? Comment détermine-t-on le sexe d’un individu humain, et au passage, combien y a-t-il de sexes ? Et au final, pourquoi consacre-t-on tant d’énergie, d’argent et de temps à chercher des explications et des justifications scientifiques aux différences entre hommes et femmes ? Réponses avec Thierry Hoquet, professeur de philosophie à l’université Paris Nanterre, spécialiste de la philosophie des sciences, des Lumières et de la pensée de Darwin. Un épisode extra-long pour renverser les croyances populaires sur la “nature” et la “culture”, questionner la pertinence de la comparaison entre humains et animaux, et remettre en cause les fondements idéologiques de la psychologie évolutionniste.

31. Eux - N'en avoir qu'une

Stéphane Beaumont apprend à 34 ans qu’il souffre d’un cancer du testicule. Son pronostic vital n’est pas engagé mais il doit être opéré. Quinze ans plus tard, il est engagé au sein de l’association Movember, la première ONG mondiale entièrement dédiée aux maladies masculines, qui milite pour faire de la prévention auprès des hommes de tous âges et faire progresser la recherche. Si le cancer du testicule se soigne facilement, celui de la prostate tue plus de 9000 hommes chaque année en France. Pourquoi les cancers masculins - cancer du testicule et de la prostate - sont-ils tabous ? Comment apprendre à en parler à ses proches ?

32. Contre la rhétorique masculiniste

Il paraît que les hommes vont mal. Que la virilité se perd. Que les sociétés occidentales seraient hyper féminisées. Que les hommes ne sauraient plus comment être des hommes, qu’ils seraient paumés et souffriraient beaucoup à cause des femmes, et à cause du féminisme, qui les briment et les oppriment. Les symptômes ? Mauvais résultats scolaires, difficultés à séduire, refus des tribunaux d’accorder la garde des enfants au père en cas de séparation, et même… suicides. Les solutions ? Les mouvements de défense des hommes, les stages de revilirisation d’inspiration chrétienne ou ésotérique, et autres “écoles de la masculinité” d’extrême-droite. Dans cet épisode, nous montrons d’où vient ce discours et ce qu’il révèle, avec Francis Dupuis-Déri politologue, professeur à l’Université du Québec à Montréal, auteur d’une enquête précise et documentée : “La crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace”. Francis Dupuis-Déri est également un militant pro-féministe, qui reconnaît ses propres privilèges d’homme blanc hétérosexuel ; dans cet épisode, il partage avec franchise et drôlerie son expérience et son regard sur la société française contemporaine.

33. Cro-Magnon, ce gentleman

Les clichés du mâle-chasseur-de-mammouth et de la femelle-au-fond-de-la-caverne sont souvent utilisés pour justifier des différences contemporaines entre les rôles de genre. Elles seraient dans la “nature” humaine puisqu’ayant existé pendant des centaines de milliers d’années. Mais que sait-on vraiment de la vie, des habitudes, des comportements des hommes de la Préhistoire, cette période qui représente 98% de la vie de l’humanité ? Les hommes préhistoriques étaient-ils très différents des femmes préhistoriques ? A quoi ressemblaient-ils ? La domination masculine existait-elle déjà ? Réponses avec Claudine Cohen, enseignante-chercheure, directrice d’études de la chaire « Biologie et société » à l’École pratique des hautes études et aussi directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Elle signé de nombreux ouvrages sur la paléontologie, la préhistoire et l’évolution humaine, et la représentation de l’art préhistorique dont « Femmes de la Préhistoire ».

34. Jacquie, Michel et les autres

Les vidéos pornographiques dites « pro-amateur » comme celles produites en France par la puissante entreprise Jacquie et Michel sont parmi les plus visionnées sur internet. Qui sont les hommes qui produisent ces films ? Qui sont les hommes qui y jouent ? Comment considèrent-ils leurs métiers ? Quelles sont les conditions dans lesquelles ces scènes sont tournées ? Robin d’Angelo, journaliste indépendant de 32 ans, a infiltré ce milieu pendant un an pour son enquête. Lui-même consommateur de pornographie, il tente aussi de réfléchir à sa propre pratique et partage les résultats de son introspection. Pourquoi les pratiques représentées sont-elles très souvent violentes - humiliations, insultes, douleurs ? Avec cet épisode, nous poursuivons notre réflexion sur ce que les représentations pornographiques révèlent des rapports de pouvoir qui traversent notre société, dominations de classe, de race, de genre, comme nous l’avions fait avec le chercheur Florian Vorös dans l’épisode 16 : « En regardant du porno ».

35. La Ligue du LOL : la force du Boys’ Club

Le Boys’ Club désigne la configuration et la pratique de la domination masculine, blanche et hétérosexuelle et peut prendre bien des formes. Il en existe partout, dans tous les corps de métiers : partis politiques, grandes écoles, entreprises… C’est le principe même du patriarcat. La Ligue du LOL en est un exemple archétypal. Il s’agit d’un groupe Facebook privé, regroupant une trentaine de jeunes gens, pour la plupart des hommes, travaillant dans le milieu du journalisme, de la communication et de la publicité, qui pendant plusieurs années ont harcelé, attaqué, dénigré des cibles qu’ils n’ont pas choisies au hasard : femmes, militant·e·s féministes et antiracistes, homosexuel·le·s, personnes racisé·e·s, personnes grosses, souffrant de maladie mentale, ainsi que des hommes ne correspondant pas aux normes de la masculinité dominante. Avec la blogueuse et militante féministe Valérie Rey-Robert, plus connue sous le nom de Crêpe Georgette, en nous appuyant sur ce que nous savons de cette Ligue du LOL (et d’autres groupes du même type qui ont existé dans plusieurs rédactions françaises) nous analysons les mécanismes qui permettent à ces groupes d’exister et de perdurer, partout dans notre société. Comment l’humour devient-il comme arme ? Comment la masculinité dominante se construit-elle en opprimant les minorités politiques ? Pourquoi tant de déni et d’aveuglement quant à l’oppression exercée par son propre groupe ? Que peut-on faire collectivement, et individuellement (notamment quand on est un homme), pour combattre le Boys’ Club ? Cet épisode a été préparé et animé avec la journaliste Mélanie Wanga. Elle produit le podcast Le Tchip et a cofondé la newsletter et le podcast féministe Quoi de Meuf. Elle a elle-même été victime de harcèlement misogyne et raciste, notamment de la part de membres de la Ligue du Lol. En bonus à la fin de l’épisode : son tutoriel pour présenter correctement ses excuses !

36. J'élève mon fils

Quel rôle jouons-nous en tant qu’adultes dans la fabrique des garçons ? Comment élever un petit garçon bien dans ses baskets ? Élever un individu de genre masculin dans une société profondément sexiste soulève bien des questions, auxquelles Aurélia Blanc a longuement réfléchi, et dont nous discutons dans cet épisode. Quels jouets, quels vêtements, quelles activités choisir ? Comment éduquer aux émotions, à l’intimité, à la sexualité ? Comment, en tant que parents féministes, s’interroger sur nos propres mécanismes sexistes ? Journaliste féministe au sein du magazine Causette, mère d’un petit garçon d’un an et demi, Aurélia Blanc vient de publier « Tu seras un homme - féministe - mon fils ! » (éditions Marabout, 2018). Dans ce manuel d’éducation antisexiste, elle réfléchit à comment éduquer « des garçons libres et heureux » en prenant le contre-pied des stéréotypes de genre auxquels ils sont constamment exposés, à travers une éducation libre et non-genrée.

36. Tuto - Comment bien s'excuser

Comme l'affaire de la Ligue du LOL nous a montré que beaucoup ne semblaient pas capables de présenter leurs excuses correctement, Mélanie Wanga a concocté un petit tutoriel

36. L'impossible éducation sexuelle

Avec l'équipe de Programme B, l’émission d’actualité quotidienne de Binge Audio, on s'est penchés sur des comptes dédiés à l’éducation sexuelle qui fleurissent sur Instagram : T’as joui, Gangduclito, Jouissance Club, La prédiction, ou Le cul nu. Leur but : être pédagogue et réfléchir avec les internautes sur des questions de désir, de consentement, ou de connaissance de son corps. Pourtant ces comptes sont menacés par les règles du réseau social qui les empêche parfois de poster ou même d’exister. Par ailleurs, l’éducation sexuelle proposée par les cursus scolaires reste disparate. Pour les jeunes et les moins jeunes en quête de réponses sur leur(s) sexualité(s), la question est de savoir vers où ils et elles peuvent se tourner. Thomas Rozec et Victoire Tuaillon reçoivent le militant associatif Dr Kpote et l’illustratrice Jüne qui tient le compte Instagram Jouissance Club.

37. Les vrais hommes ne violent pas

Ceux qui commettent des violences sexuelles ont une chose en commun : ils sont de genre masculin. L’immense majorité des violences sexuelles sont commises par des hommes : entre 94 % et 98%. Qu’est-ce qui dans la socialisation masculine, la façon dont sont éduqués les garçons, pourrait permettre de l’expliquer ? Comment la dénonciation de certaines violences sexuelles, celle des « tournantes » par les « jeunes de banlieue » par exemple, sert-elle par contraste à construire la figure de « l’homme véritable » ? La culture du viol existe partout dans le monde, mais elle prend en France des formes bien spécifiques, comme l’explique dans son livre Valérie Rey-Robert, autrice du blog féministe Crêpe Georgette. L’argument de la « séduction », de « l’amour courtois » est souvent utilisé pour justifier des comportements sexuels violents. Du vicomte de Valmont dans Les Liaisons Dangereuses aux tableaux de Fragonard, en passant par l’analyse du traitement médiatique de deux affaires impliquant des hommes célèbres, DSK et Ramadan, comment le mythe du «séducteur à la française » alimente-t-elle la culture du viol ?

38. Parler comme un homme

Les hommes et les femmes ne parlent pas de la même manière. Ni entre eux, ni lorsqu’iels s’adressent au genre opposé. De quelle manière le langage contribue t-il à la fabrique des masculinités ? À l’inverse, comment le genre détermine-t-il la manière de parler ? Qu’est ce que le manterrupting, pourquoi est-ce aussi courant ? Le langage structure tous les rapports sociaux : les relations professionnelles, la place au sein de la famille, la portée des revendications dans les décisions sociales et politiques... Que disent les pratiques linguistiques des rapports de domination à l’oeuvre au sein de la société ? En quoi le langage tel qu’il existe aujourd’hui favorise-t-il la monopolisation du pouvoir par le groupe des hommes ? Réponses avec Luca Greco, professeur de sociolinguistique à l’université de Lorraine et animateur de l’association GSL (Genre, sexualité et langage). Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages qui traitent de ces questions : « La Face cachée du genre : langage et pouvoir des normes », co-écrit avec Natacha Chetcuti (éditions de la Sorbonne Nouvelle, 2012) et plus récemment « Dans les coulisses du genre, la fabrique de soi chez les drag kings » (éditions Lambert Lucas, 2018).

39. Eux - Bien choisir sa capote

Il est temps que les hommes prennent leur part de la charge contraceptive. Aujourd’hui en France, éviter une grossesse non-désirée est toujours considéré comme un problème de femmes. Le préservatif masculin est pourtant l’une des contraceptions les plus fiables : il est efficace à 98% s’il est choisi à la bonne taille et correctement utilisé. Encore faut-il justement savoir correctement les choisir et les utiliser. Quelle taille, quel modèle, quelle texture ? Comment sait-on qu’un préservatif nous convient ? Quelles sont les erreurs à éviter pour ne pas s’exposer soi-même ainsi que son ou sa partenaire à des rapports sexuels à risques - d’infections comme de grossesse ? Sexologue de formation, Marc Pointel a créé « Le Roi de la Capote », une boutique de préservatifs de toutes sortes de modèles, tailles et matières. Il vous donne trois conseils pour choisir le meilleur préservatif, pour les pénétrant·e·s comme pour les pénétré·e·s.

39. Pénétrer

Les hommes pénètrent, les femmes sont pénétrées : les rapports hétérosexuels se déroulent souvent selon le même scénario coït-pénis-vagin, érection-pénétration-éjaculation. Alors qu’elle est physiquement impossible pour certain·e·s, douloureuse pour d’autres, ou qu’elle ne procure que peu de plaisir, pourquoi la pénétration vaginale est-elle au coeur de la sexualité ? Pourquoi les autres pratiques sont reléguées au statut de « préliminaires » ? En quoi cette hiérarchisation des actes sexuels perpétue les normes viriles ? Pour interroger ces normes et les dépasser, l’écrivain Martin Page a récemment publié son essai “Au delà de la pénétration” aux éditions Monstrograph, maison d’édition qu’il a créée avec sa compagne. Loin de dicter de nouvelles normes sexuelles, cet épisode a pour objectif de décomplexer, de libérer les sexualités de chacun·e.

40. Cours particulier avec Paul B. Preciado (1/2)

« Féminin » ou « masculin » ? Dès la naissance, il faut choisir. Sur les papiers d’identité, les formulaires d’inscription, les bulletins d’adhésion, il y a toujours ces deux petites cases à cocher. Comme si le monde se divisait en deux catégories : les hommes et les femmes. C’est oublier que le genre est une fiction, un discours biopolitique. C’est oublier, aussi, que l’identité n’est jamais une essence mais une construction. D’où vient cette binarité du genre ? Pourquoi la citoyenneté n’est réservée qu’aux personnes cisgenres ? Comment déconstruire ce rapport normatif entre sexe, genre et reproduction ? Pour dépasser cette dichotomie de genre, Victoire Tuaillon reçoit Paul B. Preciado, philosophe, commissaire d’exposition et auteur dans un grand entretien en deux épisodes.

41. Cours particulier avec Paul B. Preciado (2/2)

En tant qu’homme trans, Paul B. Preciado raconte son expérience de la masculinité dans un monde où « accéder à la masculinité revient à monter les échelons du système social et politique ». Faire une transition en tant qu’homme transgenre implique aussi de passer un « examen de masculinité » auprès des institutions : les juges, les médecins, la police. Il explique comment la testostérone change son rapport au monde. Si cette hormone produit bien des effets physiques et psychologiques spécifiques - par exemple de rendre plus agressif - comment répondre à celles et ceux qui prétendent que cela justifierait ou expliquerait la violence masculine ? Il montre comment la masculinité peut être analysée comme une autorisation légitime à faire usage de la violence sur les corps vivants. Les agressions transphobes, le viol, mais aussi la destruction de la planète peuvent donc être pensés comme différents effets de la masculinité.

42. Masculinités asiatiques

« Pas viril », « petite bite », « crevette » : les hommes asiatiques sont souvent moqués, marginalisés, dé-virilisés et dé-sexualisés. Exclus du marché de la séduction, ou au contraire fétichisés, les hommes asiatiques n’existent quasiment pas dans les représentations de la séduction. Pour beaucoup, ils appartiennent à un seul et même modèle - l’homme asiatique - sans distinction d’origines, et ne peuvent accéder à la virilité qui est incarnée par l’homme blanc. Qu’est ce que ça fait d’être un homme asiatique dans un pays en majorité blanche ? Comment se construisent les identités masculines asiatiques ? Pour répondre à ces questions, Victoire Tuaillon et Grace Ly - du podcast Kiffe ta Race - se penchent sur les articulations entre race et genre en compagnie de deux invités, tous deux hommes et asiatiques, qui partagent leur témoignage et leur vécu. Franco-cambodgien, Stewart Chau est consultant à l’institut Viavoice diplômé en sociologie. Stéphane Ly-Cuong, d’origine vietnamienne, est né et a grandi en France, il est réalisateur, auteur et metteur en scène.

43. Il a bu son verre comme les autres

Il y a le premier verre en famille, la pinte rituelle entre collègues en sortant du travail, le « binge drinking » entre étudiant·e·s… L’alcool est un élément essentiel de sociabilité, qui sépare celles et ceux qui tiennent l’alcool et les autres. Mais quand l’ivresse masculine amuse, l’ivresse féminine inquiète. Boire est une performance de genre, une preuve de virilité. Boire comme un homme, « savoir » boire, qu’est ce que cela signifie ? Pourquoi les personnes alcoolodépendantes sont en majorité de genre masculin ? Quelle est la frontière entre les buveur·euse·s respecté·e·s et dénigré·e·s ? Spécialisé dans l’étude de alcoolodépendance, Nicolas Palierne, invité de cet épisode, est doctorant en sociologie au sein du laboratoire d’études de l’EHESS, ingénieur d’études à l’INSERM et chargé d’enseignement à l’Université de Poitiers.

44. Victoire répond à vos questions 2

Dans cet épisode spécial, la parole est aux auditeur·ice·s. En direct ou en ligne, iels ont posé leurs questions à Victoire Tuaillon et ses deux invités : Josselin Tricou, spécialiste des masculinités dans le clergé et Dr Kpote, travailleur social et chroniqueur chez Causette. Vouloir plaire à un homme, est-ce forcément se soumettre ? Comment certaines femmes conservent-elles la foi en une Église qui perpétue des abus sexuels ? Peut-on distinguer l’homme de l’agresseur ? Merci à Manon, Sarah, Maxence, Cléa, Roxane, Cyprien, Florent, Vanessa, Edouard, Chloé, Agathe, Miranda, pour leurs messages, et à tous·te·s les auditeur·ice·s qui écoutent, partagent et réagissent ! Cet épisode a été enregistré en public dans les locaux de My Little Paris le 27 juin 2019 et diffusé en direct sur YouTube.

45. Cours particulier avec Didier Eribon (1/2)

Pour clôturer cette deuxième saison, Victoire Tuaillon vous propose un entretien en deux épisodes avec le philosophe et sociologue Didier Eribon, spécialiste des masculinités gay. La première partie de ce cours particulier revient sur son ouvrage fondateur, « Réflexions sur la Question Gay », publié en 1999, l’un de ses ouvrages les plus importants. Qu’est-ce que ça veut dire d’être gay aujourd’hui ? Qu’est ce que ça implique de grandir en tant qu’homosexuel·le dans le monde ouvrier ? Quel impact ont les insultes sur la construction des individus ? En quoi le milieu intellectuel peut être un refuge pour les homosexuel·le·s ? Didier Eribon est l’un des pionniers des études gay et lesbiennes en France, il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur la politique, la gauche, les rapports entre la société et l’individu. Il a enseigné à l’université de Berkeley en Californie, il est actuellement professeur à l’université d’Amiens.

46. Cours particulier avec Didier Eribon (2/2)

Après la théorie, place à la pratique. Dans la seconde partie de cet entretien avec le sociologue et philosophe Didier Eribon, il est question de l’influence de la psychanalyse sur le genre, l’homosexualité, la famille. Les garçons auraient tous besoin d’un père, les femmes et les hommes seraient fondamentalement différents, un papa et une maman : on ne ment pas aux enfants. En somme, tout l’inverse de ce que nous montrent les études de genre et l’anthropologie. Quel impact a la psychanalyse sur ce qu’on sait des hommes, des femmes, de la famille ? En quoi la culture psychanalytique perpétue t-elle des normes hétéro-sexistes et rétrogrades du point de vue des relations, des identités, de l’éducation ? Comment réinventer cette discipline en dehors de ces normes ?

Saison 3

1. Virginie Despentes - Meuf King Kong

Elle a été l’une des premières à proposer une vision radicale de la masculinité : l’écrivaine Virginie Despentes, l’autrice de « Baise-moi », « Apocalypse Bébé » ou « Vernon Subutex », est au micro de Victoire Tuaillon pour quatre épisodes. Treize ans après la publication de « King Kong Théorie », elle revient sur les thèmes de ce grand essai féministe : ses positions sur la prostitution et la pornographie ont-elles changé ? Comment faire pour éviter le viol : éduquer les garçons, ou apprendre aux filles à se défendre ? Est-ce qu’il y a vraiment des hommes qui ont violé « sans s’en rendre compte » ? Pourquoi le schéma du sexe sous contrainte est-il si présent dans la pornographie, et comment ouvrir les imaginaires érotiques ? Dans les trois prochains épisodes, il sera question de paternité, de lesbianisme politique, du choix d’avoir des enfants (ou non), de ce que le féminisme a fait au cinéma et à la littérature, et de bien d’autres choses encore.

2. Virginie Despentes - Apocalypse maintenant

Dans la deuxième partie de ce grand entretien avec Virginie Despentes, il est question de colère et de violence, à travers l’analyse des personnages masculins dans son oeuvre.